Au frais est une carte gratuite qui vous indique, autour de chez vous, les lieux où se rafraîchir pendant une canicule : endroits climatisés, espaces frais sans climatisation, points d'eau et lieux de repli. En un coup d'œil, vous voyez ce qui est proche, ouvert, gratuit ou non — une information aujourd'hui éparpillée, que ce service réunit enfin au même endroit.
L'histoire du projet
Tout est parti d'un constat très concret. Après une nouvelle vague de chaleur à Nantes, le 29 juin, j'ai tapé dans un moteur de recherche une question simple : « existe-t-il une carte ou une liste des lieux accessibles au public, publics ou privés, qui soient frais et/ou climatisés, en France et plus précisément à Nantes ? »
La réponse m'a surpris : cela n'existait pas. Les informations étaient là, quelque part, mais dispersées et difficiles à trouver. Rien ne permettait de savoir facilement ce qui était proche de chez soi, ce qui était ouvert ou fermé, climatisé ou non, gratuit ou payant. Et le problème se posait à l'identique dans toutes les autres villes.
S'y ajoute une difficulté de calendrier : c'est précisément à cette période que certains lieux basculent en horaires d'été — piscines, bibliothèques, équipements municipaux. Certaines villes aménagent aussi des ouvertures exceptionnelles pendant les épisodes de forte chaleur. Mais ces annonces tombent un peu partout : un site web par-ci, un canal WhatsApp par-là, un compte sur les réseaux sociaux ailleurs. Rien de structuré, rien de centralisé.
Derrière ce besoin d'usage quotidien, il y a surtout un enjeu de santé publique. Trouver rapidement un endroit frais, pendant une canicule, ce n'est pas un confort : cela peut éviter des drames et soulager des services d'urgence hospitaliers déjà sous tension. C'est ce qui m'a décidé à construire Au frais.
Ce que fait le site
Au frais recense les lieux où se rafraîchir gratuitement pendant une canicule et les présente sur une carte simple, à côté d'une liste. Concrètement, vous indiquez votre position et le service affiche autour de vous quatre grandes familles de lieux : les endroits climatisés, les espaces frais sans climatisation (comme certaines églises ou bâtiments anciens), les points d'eau, et les lieux de repli à l'ombre.
Chaque lieu affiche l'essentiel : sa distance, s'il est ouvert au moment où vous consultez, s'il est gratuit, et son niveau de fiabilité. Des filtres permettent d'affiner — climatisation confirmée, accès gratuit, lieux ouverts la nuit lors des nuits tropicales, lieux adaptés aux enfants. La géolocalisation est calculée directement sur votre appareil et n'est jamais conservée.
Le service couvre les grandes agglomérations françaises exposées aux fortes chaleurs, en France métropolitaine, avec une couverture qui s'étend en continu. C'est aujourd'hui un prototype en développement, dont les données sont vérifiées progressivement et appelées à être enrichies par la contribution des habitants : chacun peut signaler un lieu, une erreur, ou confirmer qu'il y fait effectivement frais.
Comment je m'y prends pour les données
Le cœur du travail, c'est de rassembler une information qui n'existe nulle part sous forme unifiée. Pour cela, je croise plusieurs sources publiques et officielles : les données ouvertes de l'État et des collectivités, la cartographie collaborative OpenStreetMap, les pages officielles des villes, les inventaires du patrimoine pour les édifices anciens naturellement frais, et les annonces municipales d'ouvertures exceptionnelles.
Chacune de ces sources a ses limites : l'une connaît bien les piscines, l'autre les bibliothèques, une troisième les églises, aucune ne sait tout. Mon travail consiste à les faire dialoguer, à repérer les doublons, à écarter ce qui a fermé, et à ne conserver que ce qui tient. Les horaires, souvent les plus difficiles à obtenir, sont reconstitués à partir des pages officielles, avec l'appui d'outils d'intelligence artificielle lorsque l'information n'est disponible que sous forme de texte libre.
Un principe guide l'ensemble : la santé d'abord. En cas de doute sur une donnée, je préfère ne pas l'afficher plutôt que d'induire quelqu'un en erreur. Chaque lieu porte donc une indication de fiabilité — vérifié, à confirmer — pour que vous sachiez ce sur quoi vous pouvez compter. Et parce qu'aucune base de données ne remplace le regard des habitants, la contribution citoyenne vient consolider l'ensemble au fil des signalements.
Au frais est né d'une frustration d'usager. Il grandit comme un outil d'intérêt général, ville après ville.
— Vincent Florin
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